ECTS
18 crédits
Code Apogée
1MDRC31
Composante(s)
UFR Humanités
Période de l'année
Semestre 1
Liste des enseignements
Au choix : 3 parmi 13
Littérature de la Renaissance
Littérature comparée 4
Littérature moderne/ contemporaine 2
Livres et lieux de savoir dans l'Europe moderne
Langue et littérature du Moyen Age
Littérature comparée 1
6 créditsLittérature comparée 2
Littérature moderne/ contemporaine 1
Littérature et culture latines 2
Littérature moderne/ contemporaine 6
Littérature de l'âge classique
Littérature moderne/ contemporaine 3
6 créditsLittératures francophones
6 crédits
Littérature de la Renaissance
Composante(s)
UFR Humanités
Période de l'année
Semestre 3
Responsable : Violaine Giacomotto
« Renaissance(s) du corps : le corps dans tous ses états à la Renaissance »
La Renaissance est un moment pour lequel on a peu parler de « découverte » du corps : théorisation et apparition du nu en peinture, généralisation de la dissection et de la « leçon d’anatomie » dans les universités, publication de textes d’hygiène et de soins du corps désormais écrits en français, apprenant aux hommes à bien vieillir et aux femmes à entretenir leur beauté, pratique poétique du blason et même poésie médicale : textes et images faisant place à des corps soudain décrits et exhibés se multiplient. Ce contexte induit des gestes qui glissent du privé vers le public, en particulier l’attention portée à son propre corps, à ses plaisirs et à ses douleurs, manifestée par exemple par Montaigne dans le chapitre III, 13, « De l’expérience » des Essais ou dans son Journal de voyage.
Le corps à la Renaissance n’est cependant pas seulement le nu triomphant de la Vénus sortant des eaux de Botticelli, le corps érotisé ou le corps célébré par les blasons du corps féminin en poésie, c’est aussi le corps confronté aux épidémies de peste endémiques, à cette nouvelle et terrible maladie qu’est la syphilis, les corps accidentés et mutilés de la vie quotidienne, les corps suppliciés qui sont monnaie courante pendant les guerres de Religion ou les représentations de la mort, un corps que l’on s’autorise à regarder comme sujet d’étude et dont on décrit les souffrances, parfois au quotidien.
Enfin, le corps à la Renaissance est aussi le corps de l’autre, la figure visible par laquelle on appréhende et théorise l’altérité : le corps des femmes, toujours un peu inquiétant, le corps nu des « sauvages » découverts au Nouveau Monde, le corps sujet à interrogation, enquête et étonnements de ce que le XVIe siècle appelle les « monstres », ou encore le corps de ceux qu’on nomme « hermaphrodites ». Le rapport au corps pose la question de la norme (le corps parfait d’Adam et l’utopie d’un corps édénique) et de la différence, du général et du particulier, de la place du singulier voire de l’hors-norme et du difforme.
En s’appuyant sur des textes littéraires (Montaigne, Rabelais, le corpus des blasons mais aussi la littérature de voyage), sur des textes médicaux (anatomiques, hygiéniques) et sur des représentations iconographiques (tableaux, bien sûr mais aussi planches anatomiques), ce séminaire explorera tous les états du corps à la Renaissance : la question de la beauté et de la laideur et les représentations esthétiques du corps ; le statut des corps divers (en particulier femmes et « monstres »), l’altérité du corps (le corps nu des « cannibales »), le corps malade, le corps souffrant, dont celui des « vérolés »… Une attention particulière sera portée à la
question du nu : au sens littéral de la représentation du corps nu, jusqu’à l’idée du corps ouvert dans les scènes d’anatomie, comme au sens métaphorique de la « mise à nu » de l’individu par le biais de la représentation du corps.
Nous examinerons ainsi la, ou plutôt, les places que prend le corps dans la société, l’art et la littérature, la manière dont cette prise en compte est liée à l’émergence de la question du sujet, comment on vit et meurt avec un corps fragile, source de plaisir(s) mais aussi souvent abîmé, qu’on sait mal soigner, qu’on tente parfois de réparer.
Ce séminaire est par ailleurs, comme chaque année, adossé au Moi(s) Montaigne qui permettra aux étudiants d’assister à des conférences ou à des ateliers et de rencontrer des chercheurs. Le thème du Moi(s) Montaigne 2026 sera « Vivre en gentilhomme au temps de Montaigne », le programme intégrera de nombreuses conférences touchant à la vie du corps : alimentation, santé, pratiques sportives avec en particulier l’équitation, mais aussi des sujets de recherches plus surprenants comme la pilosité… Nous accueillerons aussi une chercheuse invitée, Concetta Cavallini (Université de Bari Aldo Moro) pour une séance autour de la
question des émotions et de leurs couleurs à la surface du corps.
Plusieurs séances seront aussi consacrées à explorer des ouvrages récents touchant au corps et présentant un sujet et /ou une méthode de recherche originaux.
Par ailleurs, le séminaire de l’équipe Passages, patrimoine, Humanités qui se tiendra le jeudi de 16 à 18h au second semestre sera consacré au thème « Littérature et maladie » et en partie centré sur le XVIe siècle, il sera donc en lien étroit avec ce séminaire du premier semestre pour ceux qui veulent prolonger l’aventure
Littérature comparée 4
Composante(s)
UFR Humanités
Période de l'année
Semestre 3
Enseignante : Jean-Paul Engelibert
« Le tournant écologique de la littérature contemporaine »
L Le tournant écologique de la littérature contemporaine
L’hypothèse centrale de ce séminaire sera que la littérature contemporaine, en France et dans bien d’autres pays, connaît un tournant écologique en ce qu’elle s’interroge de plus en plus systématiquement sur les rapports que les êtres humains entretiennent avec les autres êtres vivants et avec leurs milieux. On peut observer cet intérêt depuis le dernier quart du XXe siècle, quand émerge une littérature écologiste, relayant des positions et des discours militants. L’essai de Rachel Carson, Printemps silencieux (1962), fait à cet égard figure de pionnier. Depuis, on peut distinguer, avec le critique Pierre Schoentjes, une « littérature
verte », attentive à décrire et parfois célébrer la nature, qu’elle soit sauvage ou campagnarde, et une « littérature marron » soucieuse de documenter ou de dénoncer les atteintes portées aux écosystèmes. Le tournant écologique a pu accompagner le « retour au réel » de la fin du XXe siècle, qui a vu le roman afficher le souci du monde plutôt que celui de sa propre forme, qui avait triomphé dans les décennies précédentes. Mais on peut remarquer a contrario que l’écologie porte aussi la littérature à des renouvellements formels inattendus. Ainsi, l’art du récit s’articule-t-il aux sciences pour approcher des objets trop grands ou trop complexes pour la perception ordinaire. Ainsi l’écologie privilégie-t-elle les formes non-réalistes comme la science-fiction et le fantastique, pour extrapoler les réalités de demain ou imaginer celles qu’on peine à observer aujourd’hui. Ainsi encore réhabilite-t-elle le conte philosophique, la fable et le mythe pour penser ce qui résiste aux rationalisations du discours dominant.
On tentera d’aborder la diversité de ces écritures et de caractériser autant que possible les principales voies du tournant écologique contemporain.
Littérature moderne/ contemporaine 2
Composante(s)
UFR Humanités
Période de l'année
Semestre 1
Responsable : Philippe Ortel
« La littérature et ses dispositifs »
Ce cours fait l’hypothèse que les textes littéraires empruntent à la vie sociale des « dispositifs » qui organisent en profondeur leur imaginaire. Parmi eux les dispositifs techniques qu’introduisent les nouveaux médias : chambre noire photographique à partir de 1839, projection cinématographique à partir de 1895, « lucarne » télévisuelle dans les années 1950, réseau Internet depuis la fin du XXe siècle. Non seulement photographie, cinéma, télévision ou Internet apparaissent comme des thèmes dans les œuvres mais on peut se demander si le rapport de certains écrivains à la réalité n’est pas modelé par ces appareils techniques. Plus largement on verra ce que la notion de « dispositif » peut apporter à la poétique des textes. Née en marge du structuralisme dans les années 1960, avec Michel
Foucault et Jean-François Lyotard notamment, la notion a connu récemment un regain d’intérêt, aussi bien en philosophie (avec des auteurs comme Giorgio Agamben ou Jean-Louis Déotte) qu’en critique littéraire. Fortement ancré dans la littérature ce cours travaillera néanmoins sur des objets multiples (photo, cinéma, installations, etc.) en tentant de voir comment les mêmes dispositifs transitent d’un art à un autre ou d’un média à un autre.
Livres et lieux de savoir dans l'Europe moderne
Composante(s)
UFR Humanités
Période de l'année
Semestre 3
Responsable : Violaine Giacomotto
Ce cours est centré sur l’histoire du livre et des textes savants à l’aube de la période moderne, au moment où l’imprimerie modifie profondément la construction et la diffusion du savoir et alors que la science elle-même se transforme en profondeur. Il réfléchit à l’interaction entre l’objet-livre et les grandes transformations épistémiques, et traite du rôle central de l’imprimé dans la mise en forme et la circulation des différents savoirs de la Renaissance (anatomie, astronomie, zoologie, botanique), à travers une approche pluridisciplinaire :
- développement du livre matériel et de ses différents aspects au service du savoir, en particulier invention de l’illustration scientifique reproductible, qui pose la question de la représentation du « vrai » scientifique ; conceptualisation et représentation des savoirs scientifiques dans les frontispices. Liens entre représentations scientifiques et représentations artistiques.
- interaction entre les nouveaux livres de science et les nouveaux lieux de savoir (théâtre d’anatomie, cabinet de curiosités, jardin botanique...), émergence de genres épistémiques en lien avec la conception nouvelle de la science et la mise en scène des savoirs.
- modes d’écriture du savoir dans les différents genres savants, modes de constitution et d’écriture des livres savants et hybridités des genres : poésie scientifique, par exemple, ou récit de voyage.
Pour explorer ses différents aspects de l’histoire des savoirs liés à la naissance du livre imprimé, le cours se focalise plus précisément sur quelques moments clefs de l’histoire des représentations scientifiques et des paradigmes épistémiques qui les accompagnent : émergence de l’observation et de l’expérience, à travers l’exemple des leçons d’anatomie, ou problèmes de mise en forme des savoirs venus du Nouveau Monde, par exemple
Langue et littérature du Moyen Age
Composante(s)
UFR Humanités
Période de l'année
Semestre 1
Enseignante : Nelly LABERE
Silencieuses sont ces voix de femmes au Moyen Âge… Mais jamais muettes !
Comment sonoriser, donc, ces « Voix de femmes au Moyen Âge » (D. Bohler) qui s’expriment dans un « Mâle Moyen Âge » (G. Duby) qui met à l’épreuve la méthodologie et les sources ? Si les gender studies sont un apport non négligeable pour reconsidérer cette présence féminine dans la littérature médiévale, il s’agit encore de comprendre comment, au Moyen Âge, s’élabore la représentation de la femme dans les textes, dessinant des archétypes dont la période moderne hérite. Rusée, luxurieuse et gourmande (nouvelles, fabliaux, joies), la femme médiévale est aussi une sainte (récits mystiques) ou une fée (Mélusine et Morgane). Mais elle peut aussi être un.e auteur.e qui se dévoile (trobairitz, Marie de France) ou qui s’affirme (Christine de Pizan). Entre réalité médiévale et fiction recréatrice, la femme au Moyen Âge se construit dans un imaginaire qui fonde nos représentations littéraires modernes (Marie NDiaye, Carole Martinez, etc.).
Littérature comparée 1
ECTS
6 crédits
Composante(s)
UFR Humanités
Période de l'année
Semestre 1
Responsable : Céline Barral
« Résonances du pamphlet »
Nous lirons deux œuvres pamphlétaires des années 1930, Les Grands Cimetières sous la lune de Georges Bernanos (écrit suite aux massacres de la guerre civile espagnole, dont Bernanos a été témoin direct et indirect à Palma de Majorque) et Troisième Nuit de Walpurgis de Karl Kraus (écrit en 1933 suite aux témoignages des premières exactions des nazis au pouvoir) en nous intéressant à la question de la résonance : résonance de l’actualité dans le pamphlet, résonance du pamphlet à sa publication et en lui-même, résonance de la littérature dans le pamphlet, résonance du pamphlet dans d’autres œuvres littéraires, résonance des années 1930 dans notre temps. Deux lectures complémentaires sont à faire obligatoirement : le récit autobiographique de Lydie Salvayre Pas pleurer (2014) où l’autrice revient sur le témoignage de Bernanos ; et le Faust de Goethe (parties I et II), qui constitue un intertexte important de Troisième Nuit de Walpurgis.
Littérature comparée 2
Composante(s)
UFR Humanités
Période de l'année
Semestre 1
Responsable : Apostolos Lampropoulos
« Amitiés démesurées, intimités archivées »
Le terme d’amitié – au sens où le français en fait un équivalent du grec « philía » – pu être qualifié de paléonyme (mot grec, lui aussi, signifiant, littéralement, le « vieux nom ») : il désignerait, depuis plusieurs siècles déjà et dans des contextes très variés, une valeur souvent idéalisée et désexualisée, érigée en modèle d’une relation supposément pure, aimante et désintéressée. Dans son ouvrage marquant, Politiques de l’amitié, le philosophe Jacques Derrida revient toutefois sur une série de présupposés concernant la relation amicale, ainsi que sur certaines idées implicites qui sous-tendent les représentations et les pratiques de l’amitié, notamment dans le monde occidental. Il insiste, par exemple, sur le fait que l’amitié est, de manière récurrente, décrite comme une relation de fraternité plutôt que de sororité ; que les amitiés exemplaires sont, dans la plupart des cas, des relations entre hommes et des relations à deux plutôt qu’à plusieurs ; et que, enfin, même les amitiés les plus admirables sont envisagées comme une affaire personnelle ou une affaire de jeunesse, plutôt que comme une base solide à partir de laquelle il serait possible d’imaginer autrement l’organisation de la cité.
On retrouve ces problématiques et ces questionnements dans de nombreux textes littéraires et œuvres cinématographiques, souvent liés, d’ailleurs, à la question de l’intimité, que l’on pourrait concevoir comme une forme de proximité entre deux ou plusieurs personnes, qu’elle soit érotique ou non. Dans le cadre de ce séminaire seront étudiés deux textes littéraires (dont l’un présente une forte dimension autothéorique) et deux films issus de deux périodes distinctes : le début des années 1990, marqué par la pandémie du VIH/sida et par une certaine méfiance à l’égard des acquis de la libération sexuelle qui l’avait précédé ; puis les années
2020 qui, de plusieurs points de vue, assument une certaine indistinction entre les différentes formes de relationnalité (amitié, intimité ou autres). Toutes les œuvres étudiées proposent également, chacune à sa manière, des récits de fin de l’amitié ou de fin de l’intimité, que celles-ci soient imaginées comme une forme de fusion entre les ami.es ou les intimes, comme une séparation ou comme la conséquence inévitable de la mort. Une attention particulière sera accordée à la manière dont ces œuvres perpétuent ou, au contraire, enterrent l’amitié ou l’intimité en les archivant, c'est-à-dire en les inscrivant dans des dispositifs documentaires, des collections ou des enregistrements.
Œuvres au programme
Giannecchini, Hélène : Un désir démesuré d’amitié, Paris, Seuil (coll. Librairie du XXIe siècle), 2024.
Guibert, Hervé : À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie [1990], Paris, Folio, 2019.
Scott, Ridley : Thelma and Louise, 1991 (film).
Hermanus, Oliver : The History of Sound, 2025 (film).
Organisation du séminaire. 10-11 séances et 1 journée d’études qui aura lieu vers la fin du semestre. Celle-ci sera organisée par un comité composé de 3-4 étudiant.es inscrit.es au séminaire.
Littérature moderne/ contemporaine 1
Composante(s)
UFR Humanités
Période de l'année
Semestre 1
Enseignante : Magali NACHTERGAEL
Monde contemporain. Création littéraire, approches critiques et questions de genre.
Quel regard critique porter sur les œuvres contemporaines et récentes ? Le rôle de la critique est de créer un consensus culturel qui synthétise un faisceau d’enjeux historiques, de son temps et des publics auxquels elle s’adresse. Mais l’héritage culturel, littéraire et artistique est transmis en fonction de paradigmes dominants et/ou contestés. Nous analyserons la manière dont le post-structuralisme, la pensée de la déconstruction, les études culturelles et la « standpoint theory » de Nancy Hartsock linguistiques jusqu’à la critique féministe, de genre et intersectionnelle (qui croise des enjeux de genre et de racisme) ont déconstruit les modèles universaux artistiques. Cette traversée critique autour de la littérature et de la création contemporaine nous amènera à interroger leur situation aujourd’hui au prisme du genre et des enjeux de visibilité.
Littérature et culture latines 2
Composante(s)
UFR Humanités
Période de l'année
Semestre 3
Enseignante : Géraldine PUCCINI
« Penser et représenter les femmes dans la littérature latine De la norme à la marge »
Ce séminaire se propose d'analyser quelques facettes de la représentation des femmes romaines aux époques archaïque, républicaine et impériale (de la fondation légendaire de Rome en 753 avant J.-C. au IIe siècle ap. J.-C.), à partir d’un large corpus textuel constitué d'inscriptions funéraires, de textes appartenant à des genres littéraires divers (comédie, tragédie, épopée, élégie, historiographie, fictions romanesques, discours, satire, mythologie).
Entre réalisme sociologique, histoire des idées influencée par les récentes « gender studies », entre mythe et littérature, il s'agira de voir comment s'est créée et a évolué la représentation des femmes, quelle a été leur place dans une société patriarcale et quels rôles elles ont été amenées à y jouer, quels objets littéraires elles ont constitués ; il s’agira de montrer comment se révèle une conception du féminin qui consolide des stéréotypes déjà présents dans la culture grecque et dont l’héritage continue de se faire sentir.
Une réflexion sur les femmes ne peut pas ne pas croiser celle des hommes, celle du corps, du désir et de la sexualité. Nous partirons des normes et des idéaux véhiculés dans la littérature et verrons comment le corps féminin est construit comme « instrument de procréation » ou comme pur « objet sexuel » de plaisir. Nous aborderons aussi la question de la différenciation sexuelle et de l’opposition masculin/féminin. Comment Rome a-t-elle construit les identités génériques ? Comment a-t-elle pensé la transgression de la frontière entre masculin et féminin ? Comment ont été pensées les caractéristiques de la muliérité ?
Quelle pression sociale subissent les femmes, soumises à des normes strictes ?
La notion de pouvoir est une autre question au cœur des enjeux entre femmes et hommes. La société romaine a certes laissé peu de place aux femmes dans la sphère publique, mais certaines femmes de la très haute société ont pu investir les domaines politique et militaire, réservés aux hommes et lutté pour davantage d’autonomie dans la sphère privée.
Enfin, nous irons vers la marge et analyserons comment le féminin peut être source d’« inquiétante étrangeté ». Chaque époque invente des personnages dont les gestes sèment l’effroi et qui prennent place dans la mémoire collective. Qu’il s’agisse d’illustres figures mythiques — comme Circé, Médée, Phèdre, les Sirènes, les Amazones —, ou de personnages fictifs chez les poètes et les romanciers latins (magiciennes, femmes débauchées, femmes criminelles), ou de personnages historiques autour desquels se constitue une « légende noire », — comme Messaline, « la putain du Palatin », ou Agrippine, assoiffée de pouvoir —, ces représentations de femmes dangereuses informent sur la peur d’une société patriarcale qui perçoit le féminin comme une menace insidieuse, occulte et persistante. Des femmes à la marge qui ne respectent pas les normes…
Telles sont les questions sur lesquelles le séminaire tentera d’apporter un éclairage en se fondant sur la lecture approfondie d’un ensemble de textes littéraires, lus en traduction française.
Suivre ce séminaire n’exige donc aucun niveau de langue. Les textes seront toujours présentés en version bilingue.
Littérature moderne/ contemporaine 6
Composante(s)
UFR Humanités
Période de l'année
Semestre 3
Responsable : Vérane Partensky
« Le roman de l’homme de lettres dans la seconde moitié du XIXe siècle »
Ce séminaire sera consacré au roman de l’homme de lettres dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il s’appuiera prioritairement sur Charles Demailly (1860) d’Edmond et Jules de Goncourt et sur Bel-Ami (1885à de Maupassant, mais fera également appel à des extraits d’œuvres ainsi qu’à des articles de presse et de revue (qui seront mis à disposition des étudiants sur e- campus)
L’objectif du séminaire est d’étudier la condition de l’écrivain dans le contexte de la modernité médiatique, au moment où le monde de l’édition se transforme profondément et où la presse, alors triomphante, entretient avec le livre des relations étroites et complexes. Les écrivains sont souvent aussi journalistes, « forçats des lettres », selon la formule célèbre de Théophile Gautier ; les œuvres elles-mêmes paraissent fréquemment d’abord sous forme de feuilletons ou de livraisons périodiques.
Si cet univers littéraire soumis aux logiques du capitalisme, de l’argent et de la concurrence a souvent suscité des représentations critiques ou désenchantées dont nous explorerons le dispositif, nous verrons également l’émergence de formes nouvelles et l’espace privilégié d’expérimentation esthétique qu’ont favorisés les revues et les journaux.
Malgré un corpus de base restreint, le séminaire envisagera un spectre littéraire assez large, du réalisme au symbolisme et à la décadence ; il s’essaiera à cartographier un univers dans lequel la catégorie d’« homme de lettres » recouvre des réalités très diverses : poète, romancier, auteur dramatique, journaliste, critique, essayiste, écrivain à succès, poète maudit, salonnier, etc. Ces mutations affectent en profondeur la définition même de la littérature et contribuent à reconfigurer le champ littéraire de la seconde moitié du XIXe siècle.
Littérature de l'âge classique
Composante(s)
UFR Humanités
Période de l'année
Semestre 1
Littérature moderne/ contemporaine 3
ECTS
6 crédits
Composante(s)
UFR Humanités
Période de l'année
Semestre 1
Enseignant : J.-M. GOUVARD
« Lire Belle du Seigneur aujourd'hui »
L’émergence d’internet à la fin du XXe siècle, puis le développement des réseaux sociaux et des jeux vidéo à l’aube du nouveau millénaire, ont profondément modifié les rapports sociaux, les modes de communication, ainsi que les modalités de représentation et de compréhension du monde et de soi-même. L’influence de ces nouveaux médias s’exerce aussi sur la création littéraire contemporaine, dans la mesure où écrire est un moyen, parmi d’autres, de penser le monde et de se penser soi-même en ce monde.
D’un point de vue thématique, ces technologies et pratiques culturelles ont inspiré des auteurs et autrices qui s’attachent à représenter les expériences numériques — navigation en ligne, identités virtuelles, solitude connectée, surcharge d’informations — comme autant de réalités existentielles propres à la période contemporaine. D’un côté, la culture des réseaux sociaux interroge les notions de soi, d’intimité, de vérité et de performativité, tandis que les
jeux vidéo suscitent une réflexion sur les rapports entre réalité et fiction, sur les mécaniques de narration interactive ou sur les formes nouvelles de socialité.
Sur le plan formel, ces influences se manifestent par une hybridation des genres et une fragmentation de la narration. La brièveté des formats numériques, la logique du zapping ou de la viralité contaminent la structure des textes littéraires, qui empruntent aux messages, aux posts ou aux algorithmes une esthétique éclatée et discontinue. Le principe d’interactivité propre aux jeux vidéo inspire à certains une réflexion sur le rôle du lecteur comme co-créateur du récit, tout en reformatant la notion même de récit.
Enfin, ces technologies transforment aussi les modalités de publication et de diffusion.
L’autoédition numérique, les plateformes de lecture en ligne comme Wattpad, les comptes d’auteurs sur Instagram ou TikTok contribuent à redéfinir les circuits de légitimation et à élargir les formes d’expérimentation littéraire, tout en rendant plus poreuse la frontière entre amateur et professionnel.
C’est à explorer ces aspects de la création littéraire contemporaine qu’invite ce séminaire, en s’appuyant sur trois textes écrits par des écrivain·e·s du Québec, où l’exploration de ces voies nouvelles est particulièrement riche et bien représentée (à lire si possible avant la rentrée) :
- Daphné B., Maquillée, Montréal, Éditions Marchand de feuilles, 2020. (Ne pas acheter l’édition française, publiée chez Grasset. Me contacter pour obtenir un PDF de l’édition québécoise : Jean-Michel.Gouvard@u-bordeaux-montaigne.fr.)
-Alain Farah, Pourquoi Bologne, Montréal, Le Quartanier, 2013. (Diffusé en France.)
- Éric Plamondon, Hongrie-Hollywood Express, recueilli dans le volume 1984, Paris, Le Livre de poche, 2022 [2011-2013]. (Ce volume regroupe trois romans, qui forment une trilogie : Hongrie-Hollywood Express, Mayonnaise, Pomme S, publiés au Québec entre 2011 et 2013. Seul le premier est à notre programme.)
Daphné B. est une autrice et poétesse contemporaine dont l’œuvre mêle engagement féministe, réflexion sur la culture numérique et exploration de l’intime. Elle se distingue par une langue incisive et poétique, nourrie par les codes de la pop culture et les réseaux sociaux.
Après plusieurs recueils de poésie, elle publie Maquillée, un livre inclassable, à la fois essai et autofiction, dans lequel elle interroge les enjeux esthétiques, culturels et affectifs du maquillage, tel qu’il est (re)présenté sur les réseaux sociaux, et en particulier YouTube. (Pour aller plus loin : https://www.youtube.com/watch?v=iLHJG95scgM&t=2204s)
Alain Farah est un écrivain dont l’œuvre se caractérise par un jeu constant avec les codes narratifs et un questionnement « politique » de la société, au sens que Jacques Rancière donne à ce terme. Avec Pourquoi Bologne, Farah propose un récit fragmentaire et à la chronologie bousculée, où se croisent histoire personnelle, fiction et références culturelles multiples et métissées. La structure générale du récit doit beaucoup aux jeux vidéo, avec une progression par plateaux, en même temps qu’elle porte une réflexion sur le pouvoir de la littérature et la fonction sociale de l’écrivain en ce début de siècle. (Pour aller plus loin : https://www.canal-u.tv/chaines/culturegnum/le-roman-quebecois-contemporain-alain-farah)
Éric Plamondon s’est fait connaître avec sa trilogie 1984, qui comprend Hongrie-Hollywood Express, Mayonnaise et Pomme S, laquelle combine l’autobiographie, l’autofiction et la fiction.
Il y reprend et détourne des textes glanés sur Wikipédia, tout en imitant, par leur agencement, le fait de surfer sur des pages internet. Il imbrique ainsi les unes avec les autres plusieurs lignes narratives, souvent avec beaucoup d’humour et d’ironie, invitant le lecteur à avoir une part active dans la construction du sens, tout en délivrant une critique sans concession de la société de consommation nord-américaine. (Pour aller plus loin : https://ericplam.com/)
Littératures francophones
ECTS
6 crédits
Composante(s)
UFR Humanités
Période de l'année
Semestre 3
Responsable: Sylvère Mbondobari
Littératures francophones :
Littératures diasporiques et la condition afropéenne :
Si la littérature africaine francophone pouvait encore jusqu’à une date récente se définir comme celle qui est autre, différente par son esthétique et ses contenus, d’une autre culture avec un imaginaire spécifique, disons historiquement et culturellement marquée, il apparaît que par leurs choix esthétiques et leurs thématiques, les écrivains de la diaspora se signalent par un décentrement et une double rupture que leurs œuvres présentent avec l’espace d’origine d’une part, et l’espace d’accueil et de résidence, de l’autre.
Originaire d’une société autre que la société de référence, ils se détachent de leur communauté pour rejoindre celle des lecteurs et des institutions de consécration pour se concentrer sur les questions de la mémoire coloniale ou de la construction d’une identité spécifique à partir de Paris.
La littérature diasporique a un potentiel poétique et herméneutique qui permet de penser socialement, culturellement et psychologiquement les sociétés contemporaines d’une part en accomplissant une véritable herméneutique de l’Autre et, d’autre part, en opérant une déconstruction des stéréotypes et des préjugées. Enfin, cette littérature produit une esthétique de l’entre-deux, une esthétique de la différence et du mouvement qui prend en charge les désordres, les angoisses et les espérances d’une communauté. Les auteurs présentent des personnages en quête d’un sens à donner à une condition d’afrodescendants
ou d’immigrés qui prennent souvent la forme qui d’un drame personnel et existentiel, qui d’une identité nouvelle anticonformiste. Pour cette année, le séminaire accordera une attention particulière à l’écriture de la mémoire.