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Littérature et culture latines 2

  • Code Apogée

    3MDRM211

  • Composante(s)

    UFR Humanités

  • Période de l'année

    Semestre 3

Description

Enseignante : Géraldine PUCCINI

« Penser et représenter les femmes dans la littérature latine De la norme à la marge »


Ce séminaire se propose d'analyser quelques facettes de la représentation des femmes romaines aux époques archaïque, républicaine et impériale (de la fondation légendaire de Rome en 753 avant J.-C. au IIe siècle ap. J.-C.), à partir d’un large corpus textuel constitué d'inscriptions funéraires, de textes appartenant à des genres littéraires divers (comédie, tragédie, épopée, élégie, historiographie, fictions romanesques, discours, satire, mythologie).
Entre réalisme sociologique, histoire des idées influencée par les récentes « gender studies », entre mythe et littérature, il s'agira de voir comment s'est créée et a évolué la représentation des femmes, quelle a été leur place dans une société patriarcale et quels rôles elles ont été amenées à y jouer, quels objets littéraires elles ont constitués ; il s’agira de montrer comment se révèle une conception du féminin qui consolide des stéréotypes déjà présents dans la culture grecque et dont l’héritage continue de se faire sentir.
Une réflexion sur les femmes ne peut pas ne pas croiser celle des hommes, celle du corps, du désir et de la sexualité. Nous partirons des normes et des idéaux véhiculés dans la littérature et verrons comment le corps féminin est construit comme « instrument de procréation » ou comme pur « objet sexuel » de plaisir. Nous aborderons aussi la question de la différenciation sexuelle et de l’opposition masculin/féminin. Comment Rome a-t-elle construit les identités génériques ? Comment a-t-elle pensé la transgression de la frontière entre masculin et féminin ? Comment ont été pensées les caractéristiques de la muliérité ?
Quelle pression sociale subissent les femmes, soumises à des normes strictes ?
La notion de pouvoir est une autre question au cœur des enjeux entre femmes et hommes. La société romaine a certes laissé peu de place aux femmes dans la sphère publique, mais certaines femmes de la très haute société ont pu investir les domaines politique et militaire, réservés aux hommes et lutté pour davantage d’autonomie dans la sphère privée.
Enfin, nous irons vers la marge et analyserons comment le féminin peut être source d’« inquiétante étrangeté ». Chaque époque invente des personnages dont les gestes sèment l’effroi et qui prennent place dans la mémoire collective. Qu’il s’agisse d’illustres figures mythiques — comme Circé, Médée, Phèdre, les Sirènes, les Amazones —, ou de personnages fictifs chez les poètes et les romanciers latins (magiciennes, femmes débauchées, femmes criminelles), ou de personnages historiques autour desquels se constitue une « légende noire », — comme Messaline, « la putain du Palatin », ou Agrippine, assoiffée de pouvoir —, ces représentations de femmes dangereuses informent sur la peur d’une société patriarcale qui perçoit le féminin comme une menace insidieuse, occulte et persistante. Des femmes à la marge qui ne respectent pas les normes…
Telles sont les questions sur lesquelles le séminaire tentera d’apporter un éclairage en se fondant sur la lecture approfondie d’un ensemble de textes littéraires, lus en traduction française.
Suivre ce séminaire n’exige donc aucun niveau de langue. Les textes seront toujours présentés en version bilingue.

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Contrôle des connaissances

Évaluation :
Assidus : Contrôle continu : une synthèse du séminaire à l’écrit ou un exposé oral
Dispensés : Un dossier écrit sur un sujet à déterminer en accord avec l’enseignante

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Compétences visées

Suivre ce séminaire n’exige aucun niveau de langue. Les textes seront toujours présentés en version bilingue. 

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Bibliographie

Une bibliographie plus complète sera distribuée en début d’année.
Orientations bibliographiques
Gourevitch D., Le mal d'être femme. La femme et la médecine dans la Rome antique, Paris, Les Belles Lettres, 1984.
Gourevitch D. et M.-T. Raepsaet-Charlier, La femme dans la Rome antique, Hachette Littératures, 2001.
Grimal P., L’amour à Rome, Paris, Les Belles Lettres, 1978.
Héritier F., Masculin-Féminin, 1, La pensée de la différence, Paris, Odile Jacob, 1996.
—, « Une anthropologie symbolique du corps », Journal des Africanistes, 73/2, 2003, p. 9-24.
Histoire des femmes en Occident, tome I : L'antiquité, sous la direction de P. Schmitt Pantel, sous la direction de G. Duby et M. Perrot, Plon, 1991.
Laigneau S., La femme et l’amour chez Catulle et les Élégiaques augustéens, Bruxelles, Latomus, 1999.
Moreau Ph., Corps romains, Grenoble, J. Millon, 2002.
Prost F. et J. Wilgaux (dir.), Penser et représenter le corps dans l’Antiquité, PUR, 2006.
Puccini G., La vie sexuelle à Rome, Paris, Tallandier, 2007 ; Points Seuil, 2010.
Robert J.-N., Eros romain. Sexe et morale dans l’Ancienne Rome, Paris, Les Belles Lettres, 1997.
Treggiari S., Roman Marriage. Iusti Coniuges from the time of Cicero to the time of Ulpian,
Clarendon Press Oxford, 1991.

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