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Littérature comparée 4

  • Code Apogée

    3MDRM216

  • Composante(s)

    UFR Humanités

  • Période de l'année

    Semestre 3

Description

Enseignante : Jean-Paul Engelibert

« Le tournant écologique de la littérature contemporaine »
L Le tournant écologique de la littérature contemporaine
L’hypothèse centrale de ce séminaire sera que la littérature contemporaine, en France et dans bien d’autres pays, connaît un tournant écologique en ce qu’elle s’interroge de plus en plus systématiquement sur les rapports que les êtres humains entretiennent avec les autres êtres vivants et avec leurs milieux. On peut observer cet intérêt depuis le dernier quart du XXe siècle, quand émerge une littérature écologiste, relayant des positions et des discours militants. L’essai de Rachel Carson, Printemps silencieux (1962), fait à cet égard figure de pionnier. Depuis, on peut distinguer, avec le critique Pierre Schoentjes, une « littérature
verte », attentive à décrire et parfois célébrer la nature, qu’elle soit sauvage ou campagnarde, et une « littérature marron » soucieuse de documenter ou de dénoncer les atteintes portées aux écosystèmes. Le tournant écologique a pu accompagner le « retour au réel » de la fin du XXe siècle, qui a vu le roman afficher le souci du monde plutôt que celui de sa propre forme, qui avait triomphé dans les décennies précédentes. Mais on peut remarquer a contrario que l’écologie porte aussi la littérature à des renouvellements formels inattendus. Ainsi, l’art du récit s’articule-t-il aux sciences pour approcher des objets trop grands ou trop complexes pour la perception ordinaire. Ainsi l’écologie privilégie-t-elle les formes non-réalistes comme la science-fiction et le fantastique, pour extrapoler les réalités de demain ou imaginer celles qu’on peine à observer aujourd’hui. Ainsi encore réhabilite-t-elle le conte philosophique, la fable et le mythe pour penser ce qui résiste aux rationalisations du discours dominant.
On tentera d’aborder la diversité de ces écritures et de caractériser autant que possible les principales voies du tournant écologique contemporain.

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Contrôle des connaissances

Évaluation
Assidus : mini-mémoire/travail écrit
Dispensés : dossier/rapport sans soutenance

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Bibliographie

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE
(sans distinguer entre œuvres littéraires, critique et théorie en raison de la grande proportion d’œuvres qui refusent ces distinctions)
Edward Abbey, Le Gang de la clé à molette (1975), Paris, Gallmeister, 2025.
Frédérique Aït-Touati et Bruno Latour, Trilogie terrestre, Montreuil, éditions B42, 2022.
Riccardo Barontini, Sara Buekens et Pierre Schoentjes (dir.), L’Horizon écologique des fictions contemporaines, Genève, Droz, 2022.
Riccardo Barontini, « Du sensible au mesurable : lire le roman contemporain entre écopoétique et humanités numériques », Revue des sciences humaines, n° 361, 2026, p. 229-252. https://doi.org/10.4000/15ucx
Rachel Carson, Printemps silencieux (1962), Marseille, Wildproject, 2020.
Jean-Christophe Cavallin, Valet noir. Vers une écologie du récit. Paris, Corti, 2021.
- , Violaine Bérot et Florence Debove, Pastorales, Marseille, Wildproject, 2024.
Alain Damasio, Les Furtifs (2019), Paris, Gallimard, « folio SF ».
Vinciane Despret, « Autobiographie d’un poulpe ou la communauté des Ulysse », dans Autobiographie d’un poulpe et autres récits d’anticipation, Arles, Actes Sud, 2021, p. 68-139.
Matthieu Duperrex, Voyages en sol incertain. Enquête dans les deltas du Rhône et du
Mississippi, Marseille, Wildproject, 2019.
Claire Dutrait, Vivre en arsenic. Ecopoétique d’une vallée empoisonnée. Arles, Actes Sud, 2024.
Jean-Paul Engélibert, « Comment faire monde à l’âge de l’extinction ? Trois contes philosophiques contemporains », Revue de littérature comparée, vol. XCVII, n° 2, avril-juin 2023, p. 168-179.
- , « Le tournant écologique de la littérature française. Le paradigme de la traduction des milieux vivants chez Alain Damasio, Vinciane Despret, Elisabeth Filhol et Emmanuelle Salasc », In Lia Mallol de Albarracin y Maria Victoria Urquiza (dir.), Sur la vaste mer. Estudios sobre literaturas de expresion francesa, Mendoza, Universidad nacional de Cuyo, Ve internacional de literatura francesa et francofona, 2025, p. 36-56. https://bdigital.uncu.edu.ar/fichas.php?idobjeto=20484
Elisabeth Filhol, Doggerland (2019), Paris, Gallimard, « folio », 2020.
Amitav Ghosh, Le Grand Dérangement. D’autres récits à l’ère de la crise climatique (2016), traduit par Morgane Iserte et Nicolas Haeringer, Marseille, Wildproject, 2021
Donna Haraway, « Histoires de Camille. Les enfants du compost », dans Vivre avec le trouble, traduction française par Vivien Garcia, Vaulx-en-Velin, éditions des Mondes à faire, 2020, p.287-346.
Claudie Hunzinger, Bambois. La vie verte (1973). Paris, Cambourakis, 2024.
Mathieu Larnaudie, Trash vortex, Arles, Actes Sud, 2024.
Bruno Latour, Où atterrir ? Paris, La Découverte, 2017.
- Où suis-je ? Paris, La Découverte, 2021.
Ursula Le Guin, “The Author of the Acacia Seeds. And Other Extracts from the Journal of the Association of Therolinguistics”, in Fellowship of the Stars, Terry Carr (éd.), Simon & Schuster,1974.

Christine Marcandier et Jean-Christophe Cavallin (dir.), Écopoétique pour des temps extrêmes, dossier critique n° 65, décembre 2021 (volume 22, numéro 10),
https://www.fabula.org/revue/sommaire14040.php
Nastassja Martin, Croire aux fauves, Paris, Verticales, 2019.
Baptiste Morizot et Nastassja Martin, « Retour du temps du mythe. Sur un destin commun des animistes et des naturalistes face au changement climatique à l’Anthropocène », Issue,
Journal of art and design, HEAD, Genève, 13 décembre 2018, https://issue-journal.ch/focus-posts/baptiste-morizot-et-nastassja-martin-retour-du-temps-du-mythe-2/
Baptiste Morizot, « Ce mal du pays sans exil. Les affects du mauvais temps qui vient », Critique,« Vivre dans un monde abîmé », n° 860-861, janvier-février 2019, p. 166.
Timothy Morton, La Pensée écologique (2010), Paris, Zulma, 2018.
Emmanuelle Pagano, Ligne & Fils, Paris, P.O.L., 2015.
- Sauf riverains, Paris, P.O.L., 2017
- Serez-vous des nôtres ? Paris, P.O.L., 2018
Val Plumwood, Dans l’œil du crocodile (2012), traduit par Pierre Madelin, Marseille,
Wildproject, 2021
Richard Powers, L’Arbre-monde (2018), traduction Serge Chauvin, Paris, UGE 10-18, 2019.
Emmanuelle Salasc, Hors gel, Paris, P.O.L., 2021
Pierre Schoentjes, Ce qui a lieu. Essai d’écopoétique. Marseille, Wildproject, 2015.
Pierre Schoentjes, Littérature et écologie. Le mur des abeilles. Paris, Corti, 2020.
Will Self, Les Grands Singes (1997), traduction Francis Kerline, Paris, Seuil, « Points », 2000.
Frank Smith, Katrina. Isle de Jean Charles, Louisiane, Bordeaux, L’Attente, 2015.
Garrett Stewart, « Organic Reformations in Richard Powers’s The Overstory », Dedalus, Winter 2021, vol. 150, n° 1, p. 160-177.
Lucie Taïeb, Freshkills (2019), Lille, La Contre-allée, 2020.
Camille de Toledo, Le Fleuve qui voulait écrire. Les auditions du parlement de Loire. Paris, Les
Liens qui libèrent-POLAU pôle arts & urbanisme, 2021.

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