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Littérature de la Renaissance

  • Code Apogée

    1MDRM313

  • Composante(s)

    UFR Humanités

  • Période de l'année

    Semestre 3

Description

Responsable : Violaine Giacomotto

« Renaissance(s) du corps : le corps dans tous ses états à la Renaissance »

La Renaissance est un moment pour lequel on a peu parler de « découverte » du corps : théorisation et apparition du nu en peinture, généralisation de la dissection et de la « leçon d’anatomie » dans les universités, publication de textes d’hygiène et de soins du corps désormais écrits en français, apprenant aux hommes à bien vieillir et aux femmes à entretenir leur beauté, pratique poétique du blason et même poésie médicale : textes et images faisant place à des corps soudain décrits et exhibés se multiplient. Ce contexte induit des gestes qui glissent du privé vers le public, en particulier l’attention portée à son propre corps, à ses plaisirs et à ses douleurs, manifestée par exemple par Montaigne dans le chapitre III, 13, « De l’expérience » des Essais ou dans son Journal de voyage.
Le corps à la Renaissance n’est cependant pas seulement le nu triomphant de la Vénus sortant des eaux de Botticelli, le corps érotisé ou le corps célébré par les blasons du corps féminin en poésie, c’est aussi le corps confronté aux épidémies de peste endémiques, à cette nouvelle et terrible maladie qu’est la syphilis, les corps accidentés et mutilés de la vie quotidienne, les corps suppliciés qui sont monnaie courante pendant les guerres de Religion ou les représentations de la mort, un corps que l’on s’autorise à regarder comme sujet d’étude et dont on décrit les souffrances, parfois au quotidien.
Enfin, le corps à la Renaissance est aussi le corps de l’autre, la figure visible par laquelle on appréhende et théorise l’altérité : le corps des femmes, toujours un peu inquiétant, le corps nu des « sauvages » découverts au Nouveau Monde, le corps sujet à interrogation, enquête et étonnements de ce que le XVIe siècle appelle les « monstres », ou encore le corps de ceux qu’on nomme « hermaphrodites ». Le rapport au corps pose la question de la norme (le corps parfait d’Adam et l’utopie d’un corps édénique) et de la différence, du général et du particulier, de la place du singulier voire de l’hors-norme et du difforme.


En s’appuyant sur des textes littéraires (Montaigne, Rabelais, le corpus des blasons mais aussi la littérature de voyage), sur des textes médicaux (anatomiques, hygiéniques) et sur des représentations iconographiques (tableaux, bien sûr mais aussi planches anatomiques), ce séminaire explorera tous les états du corps à la Renaissance : la question de la beauté et de la laideur et les représentations esthétiques du corps ; le statut des corps divers (en particulier femmes et « monstres »), l’altérité du corps (le corps nu des « cannibales »), le corps malade, le corps souffrant, dont celui des « vérolés »… Une attention particulière sera portée à la
question du nu : au sens littéral de la représentation du corps nu, jusqu’à l’idée du corps ouvert dans les scènes d’anatomie, comme au sens métaphorique de la « mise à nu » de l’individu par le biais de la représentation du corps.
Nous examinerons ainsi la, ou plutôt, les places que prend le corps dans la société, l’art et la littérature, la manière dont cette prise en compte est liée à l’émergence de la question du sujet, comment on vit et meurt avec un corps fragile, source de plaisir(s) mais aussi souvent abîmé, qu’on sait mal soigner, qu’on tente parfois de réparer.

Ce séminaire est par ailleurs, comme chaque année, adossé au Moi(s) Montaigne qui permettra aux étudiants d’assister à des conférences ou à des ateliers et de rencontrer des chercheurs. Le thème du Moi(s) Montaigne 2026 sera « Vivre en gentilhomme au temps de Montaigne », le programme intégrera de nombreuses conférences touchant à la vie du corps : alimentation, santé, pratiques sportives avec en particulier l’équitation, mais aussi des sujets de recherches plus surprenants comme la pilosité… Nous accueillerons aussi une chercheuse invitée, Concetta Cavallini (Université de Bari Aldo Moro) pour une séance autour de la
question des émotions et de leurs couleurs à la surface du corps.
Plusieurs séances seront aussi consacrées à explorer des ouvrages récents touchant au corps et présentant un sujet et /ou une méthode de recherche originaux.
Par ailleurs, le séminaire de l’équipe Passages, patrimoine, Humanités qui se tiendra le jeudi de 16 à 18h au second semestre sera consacré au thème « Littérature et maladie » et en partie centré sur le XVIe siècle, il sera donc en lien étroit avec ce séminaire du premier semestre pour ceux qui veulent prolonger l’aventure

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Contrôle des connaissances

Évaluation :
Régime général : contrôle continu. Modalités précisées lors de la première séance du séminaire.
Régime dispensé : rapport/dossier avec soutenance. Prendre impérativement contact par mail avec l’enseignante dans les deux premières semaines du séminaire. Seul un travail de lecture personnel important permet de compenser l’absence au séminaire, il convient donc de fixer les modalités du travail dès le début du semestre. Aucune évaluation ne sera possible sans respect de cette consigne.

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Bibliographie

Bibliographie indicative minimale :
Pour le contexte général :
Littérature française du XVIe siècle, par Josiane Rieu, Frank Lestringant et Alexandre Tarrête,
Paris, PUF, 2001.
JOUANNA Arlette, La France de la Renaissance, Paris, Perrin (Poche), 2009.
Pour une première approche des textes d’époque :
Une liste d’extraits de texte sera proposée en cours de séminaire (les textes n’étant pas toujours disponibles en éditions modernes). On pourra cependant entrer dans divers aspects de la présence du corps dans la littérature de l’époque avec les ouvrages suivants :
Montaigne, Essais, III, 13, « De l’expérience » et Journal de voyage en Italie, édition de Fausta
Garavini, Folio Classique, 1983.
Blasons anatomiques du corps féminin, présentation par Julien Goeury, Garnier Flammarion, 2016.
Le Siècle des vérolés : La Renaissance européenne face à la syphilis, Une anthologie sous la direction d’Ariane Bayle et Brigitte Gauvin, Grenoble, Éditions Jérôme Million, 2019.

Bibliographie :

Ne sont mentionnés ici que des ouvrages, des articles seront ajoutés au fil du séminaire.
BOUTEILLÉ-MEISTER Charlotte et AUKRUS Kjerstin, Corps sanglants, souffrants et macabres XVIe- XVIIe siècle, sous la direction de t, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2010.
BELMAS Élisabeth et TURCOT Laurent (dir.), Jeux, sports et loisirs en France du XVIe au XXe siècle, Rennes, PUR, 2024.
BERRIOT-SALVADORE Evelyne, Un corps, un destin. La Femme dans la médecine de la Renaissance, Paris, Classiques Garnier, 1993 : accès en ligne via le catalogue Babord +
BRANCHER Dominique, Équivoques de la pudeur. Fabrique d’une passion à la Renaissance, Genève, Droz, 2015.
CALLARD Caroline, Le Temps des fantômes : spectralités de l’âge moderne (XVIe XVIIe siècle), Paris, Fayard, 2019.
CÉARD Jean, L’Univers obscur du corps : représentation et gouvernement des corps à la Renaissance, Paris, 2021.
CHERICI Céline et DUPONT Jean-Claude (dir.), L’Anatomie sans les arts. Le corps en images à l’époque moderne, XVIe-XVIIIe siècles, Paris, Herman, 2019.
CLOSSON Marianne (dir.), L’Hermaphrodite de la Renaissance aux Lumières, Paris, Classiques Garnier, 2013.
CUIR, Raphaël, The Development of the Study of Anatomy from the Renaissance to Cartesianism, Lewiston, N.Y., E. Mellen Press, 2009.
—, Renaissance de l’anatomie, Paris, Hermann, 2016.
DORAIS David, Le corps érotique dans la poésie française du XVIe siècle, Montréal, PU de Montréal, 2010.
FOULIGNY Mary-Nelly et ROIG MIRANDA Marie (dir.), Réalités et représentations du corps dans l'Europe des XVIe et XVIIe siècles, Université de Nancy, 2011.
GARBAY-VELAZQUEZ Estelle, IGLESIAS Cécile, MADELPUECH-TOUCHERON Florence et alii (dir.), Les lieux de l’intime et le rapport au corps : Europe, XVIe XVIIe siècles, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2025.
GODNAIR Nathalie, « De merveille esperdu ». Écrire l’émotion esthétique à la Renaissance (1500- 1620), Genève, Droz, 2026.
JEANNERET Michel, Perpetuum mobile : métamorphoses des corps et des œuvres de Vinci à Montaigne, Paris, Macula, 1998.
LE GALL Jean-Marie, Un idéal masculin ? Barbes et moustaches (XVe XVIIIe siècles). Suivi de Le Barbu ou Dialogue sur la barbe, Paris, Payot, 2011.
LONG Kathleen, Hermaphrodites in Renaissance, Ashgate, Routledge, 2006.
MAIRA Daniele, Mollesses masculines : éthiques de l’efféminement, d’Érasme à Montaigne, Genève, Droz, 2026.
MANDRESSI Rafael, Le Regard de l’anatomiste. Dissections et invention du corps en Occident, Paris, Seuil, 2002.
MARRACHE-GOURAUD Myriam, L’Homme-objet. Expositions anatomiques de la première modernité, entre savoir et spectacle, Genève, Droz, 2022.
- SERIS Émilie, Théories humanistes du nu (XVe-XVIe siècles), Turnhout, Brepols, 2022.
— (dir.), Le Nu dans la littérature de la Renaissance, Tours, Presses universitaires François- Rabelais, 2022.
VIGARELLO Georges, Histoire de la beauté : le corps et l’art d’embellir de la Renaissance à nos jours, Paris, Points, 2007.
— Le Sentiment de soi : histoire de la perception du corps : XVIe XXe siècle, Paris, Points, 2016.

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