ECTS
2 crédits
Code Apogée
3LDHE53
Composante(s)
UFR Humanités
Période de l'année
Semestre 3
Description
Penser, traduire
Ici, les termes “penser et traduire” seront entendus dans une acception assez large, naviguant vers les notions d’adaptation, de modification, de correction et de révision, s’inscrivant dans la perspective d’Adrienne Rich : “acte de regarder en arrière, de voir avec des yeux neufs, d’entrer dans un texte ancien avec une nouvelle perspective critique” (When We Dead Awaken, Writing as a Re-Vision, 1972). Ce TD n’abordera pas la question du passage d’une langue à une autre mais plutôt celui d’une voix à une autre, d’une identité à une autre et surtout sur ce qui caractérise notre époque dans son rapport avec ces déplacements identitaires.
Dans un premier temps, il faudra nous intéresser au passage d’une voix passée vers une identité contemporaine. Nous aborderons le fait que certains termes utilisés par le passé dans des œuvres littéraires sont aujourd’hui perçus comme inacceptables ou inexacts par certaines communautés de lecteurs et de lectrices. Ces ressentis créent-ils des barrières à l’expérience de lecture ? Nous étudierons aussi des cas de réécritures d'œuvres ou de mythes passés, en nous demandant : pourquoi réécrit-on ? Mais aussi des exemples de textes modifiés ces dernières années, dans de nouvelles éditions, pour correspondre aux critères contemporains. Adapter une œuvre pour un public contemporain, est-ce trahir la voix originelle qui l’a écrite ? Quelles œuvres précisément sont adaptées, et pourquoi pas d’autres ? Nous prendrons également appui sur la controverse littéraire autour de l’affaire du poète Chénier, qui semble cristalliser des positions herméneutiques antagonistes vis-à-vis des textes du canon littéraire, dans la sphère même des universités françaises.
Mais il s’agira aussi de nous interroger sur la possibilité de traduire la voix de l’Autre contemporain. Cela nous amènera par exemple à questionner le potentiel constat d’intraduisibilité actuel d’un vécu identitaire par un auteur ou une autrice qui ne partage pas cette identité. Un auteur hétérosexuel peut-il rendre compte de la réalité d’une femme lesbienne ? Une autrice blanche peut-elle traduire l'œuvre d’une poétesse noire ? Ces questionnements nous permettront aussi d’aborder l’apparition du métier récent qu’est la relecture sensible ou le déminage éditorial : nous nous baserons ici sur des témoignages de ces professionnels de la relecture éditoriale et sur la bande dessinée Rude Girl de Birgit Weyhe.
Des textes et extraits d'œuvre seront présentés au fil du semestre.
Heures d'enseignement
- Approches critique de la langue - CMCours Magistral4h
- Approches critique de la langue - TDTravaux Dirigés20h
Contrôle des connaissances
Contrôle continu
Informations complémentaires
Enseignante : Zoé BOSQUET