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Epistémologie des sciences et des techniques

  • ECTS

    3 crédits

  • Code Apogée

    6LDHE32

  • Composante(s)

    UFR Humanités

  • Période de l'année

    Semestre 6

Description

Les sciences à l’épreuve du genre ?

Quand le médecin, le biologiste, l’anthropologue, l’historien parlent de sexe ou de sexualité, ils prétendent s’appuyer sur l’observation neutre et impartiale de la nature mais c’est  souvent les normes sociales et culturelles de leur temps qui s’expriment. C'est bien, en dernière instance, la société qui tranche dans le choix des variations biologiques que l’on va retenir et hiérarchiser pour donner un sexe aux corps humains.  Apposer sur quelqu’un l’étiquette « homme » ou « femme » est une décision sociale et culturelle. Ainsi, loin d'être neutre sur la question du partage des genres, la science est toujours située, ne serait-ce que par le fait qu’elle a été, pendant très longtemps, le domaine presque exclusif des hommes. Mais si la science elle-même est affectée par un biais genré comment espérer avoir un regard objectif sur les questions relatives au sexe ?

Cette problématique large sera abordée sous 3 angles différents

  • 1/ Le sexe comme « fait somatique créé par un effet culturel» : Différenciation sexuelle et identité de genre entre déterminisme naturel et déterminisme social.

A partir des travaux de la biologiste Anne Fausto-Sterling, des philosophes Simone de Beauvoir et Judith Butler, de l’anthropologue Françoise Héritier et du sociologue Pierre Bourdieu, le cours abordera la question du dualisme nature / culture et de la tendance à « naturaliser » les différences entre les sexes pour justifier les mécanismes de domination culturelles et sociales.

  • 2 / Le cerveau est-il sexué ? La question de « la bosse des maths ». Pendant des siècles les mathématiques et les sciences ont été interdites aux femmes, jugées inaptes à la logique et à l’abstraction. Les mesures pseudo scientifiques de l’intelligence ont été mises au service d’une idéologie éloignant durablement les femmes des universités et des laboratoires et induisant par la même un biais genré durable dans les sciences.
  • 3 / Domination scientifique et technique de la nature et domination masculine: la question de l’écoféminisme et les éthiques du « care ». A travers une lecture des textes de Françoise d’Eaubonne mais aussi de Catherine Larrère, Joan Tronto et Hans Jonas, nous aborderons la rencontre entre les combats féministes et les préoccupations écologiques et nous interrogerons la pertinence du lien qui est fait entre exploitation des corps féminins et exploitation de la nature.
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