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Littérature des lumières

  • Code Apogée

    2MDRM412

  • Composante(s)

    UFR Humanités

  • Période de l'année

    Semestre 2

Description

« Femmes des Lumières : penseuses et actrices du politique »
Les six premières séances (janvier-février) seront animées par Florence Boulerie et les six suivantes (mars-avril) par Élise Pavy-Guilbert

L’époque des Lumières, qui correspond pour la culture française à peu près aux limites chronologiques du XVIIIe siècle, est associée à une émancipation des consciences et à un essor de la pensée politique. Les écrits de Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Diderot ont été essentiels au cours de cette période. Mais qu’en est-il des femmes ? Ont-elles laissé tout le terrain de la pensée, voire de l’action- politique aux hommes ? Ce séminaire entend montrer que le temps des Lumières a aussi été pour les femmes un moment pour penser leur éducation politique, leur place dans l’ordre social et politique et pour intervenir dans le champ politique.
Les premières semaines du séminaire seront consacrées aux femmes éducatrices (comme Mme Leprince de Beaumont et Mme de Genlis) qui revendiquent une éducation politique des filles et imaginent de grandes figures de femmes de pouvoir, et aux écrivaines utopistes (comme Mme de Graffigny et Mme Robert) qui portent un œil critique sur l’ordre social et revendiquent une indépendance des femmes.
La seconde partie du séminaire portera sur la participation politique active des femmes durant la Révolution, aux côtés de nombreux hommes. L’engagement et l’intervention politiques des femmes sera abordé à travers deux autrices en particulier, très significatives et pourtant fort différentes : Olympe de Gouges (1748-1793) et Germaine de Staël (1766-1817). Toutes deux mêlent à leur manière fiction littéraire et action politique.
Contre Marat, et surtout contre Robespierre, se dresse Olympe de Gouges. Originaire de lapetite bourgeoisie de Montauban, Gouges gagne Paris au début des années 1770, commence à écrire et ne s’arrête plus. Roman épistolaire, pièces de théâtre, conte philosophique, et surtout lettres, brochures, affiches et sa Déclaration, jadis ignorée, de nos jours célébrée :
Gouges s’essaie à tous les genres en une écriture engagée aux allures de fuite en avant, prête à mourir pour ses idées modérées qui la conduiront à la guillotine.
Fille de Jacques Necker, qui sera Ministre des finances de Louis XVI, Germaine de Staël appartient, mais en partie comme de biais, aux plus hautes sphères. Elle traverse la seconde moitié du XVIIIe siècle et le début du siècle suivant non sans heurts avec le pouvoir. Libérale et modérée, Staël écrit et pense la littérature et la politique d’un même geste : ses écrits théoriques et ses romans toujours se répondent, avec élan et enthousiasme, mais aussi en une lucide distance

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Contrôle des connaissances

Assidus : Travail de synthèse et de réflexion sur le sujet du séminaire.
Dispensés : oral (préparation 20mn/durée 20mn)

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Bibliographie

Bibliographie indicative :
Sources primaires (ordre chronologique) :
Françoise de Graffigny, Lettres d’une péruvienne [édition de 1752], éd. Charlotte Simonin, Paris, GF (n° 1685), coll. « Littérature et civilisation », 2025.
Jeanne Marie Leprince de Beaumont, Civan, roi de Bungo, [1754]. Disponible sur Gallica.
Marie-Anne Roumier Robert, Voyages de Milord Céton dans les sept planètes ou Le Nouveau Mentor [1765-1766], éd. H. Krief, Paris, Classiques Garnier, 2024.
Stéphanie-Félicité de Genlis, Les Chevaliers du Cygne [1795]. Disponible sur Gallica.
Olympe de Gouges, Écrits politiques 1788-1791, édition d’Olivier Blanc, Paris, Indigo & Côté femmes Éditions, tome I, 1993.
Olympe de Gouges, Écrits politiques 1792-1793, édition d’Olivier Blanc, Paris, Indigo & Côté femmes Éditions, tome II, 1993.
Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), édition avec dossier d’Élise Pavy-Guilbert, Paris, Flammarion-GF, 2021.
Germaine de Staël, De l’influence des passions sur le bonheur de l’individu et des nations (1796), préface de Chantal Thomas, Paris, Payot & Rivages, 2000

Germaine de Staël, De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (1800), édition de Gérard Gengembre et Jean Goldzink, Paris, Flammarion-GF, 1991, rééd. 2024.


Sources critiques :
Brive, Marie-France, Les Femmes et la Révolution française, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, t. 1, Modes d’action et d’expression, nouveaux droits, nouveaux devoirs 1989, t. 2, L’individuel et le social, apparitions et représentations, 1990 et t. 3, L’effet 89, 1991.
Brouard-Arends Isabelle et Marie-Emmanuelle Plagnol-Dieval (dir.), Femmes éducatrices au siècle des Lumières, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Interférences », 2007.
Duhet, Marie-Paule (dir.), Les Femmes et la Révolution, 1789-1794, Paris, Gallimard-Juliard, 1971.
Farge, Arlette, Histoire des femmes : parler, enregistrement sonore avec Arlette Farge et Michelle Perrot, Paris, Cintévé-prod., 1996.
Fauré, Christine, La Démocratie sans les femmes, Paris, Presses Universitaires de France, 1985.
Fraisse, Geneviève, Muse de la raison. Démocratie et exclusion des femmes en France, Paris, Gallimard, 1995.
Godineau, Dominique ; Hunt, Lynn ; Martin, Jean-Clément ; Lapied, Martine et Verjus, Anne, « Regards croisés : Femmes, genre, révolution », Annales Historiques de la Révolution française, n° 358, 2009/4, p. 147-170.
Grieder, J., « Kingdoms of women in French fiction of the 1780s », Eighteenth-Century Studies, 23, 1989, p. 140–156.
Guilhaumou, Jacques et Lapied, Martine, « L’action politique des femmes pendant la Révolution française », Nouvelle Encyclopédie politique et historique des femmes, Christine
Fauré (dir.), Paris, Les Belles Lettres, 2010, p. 206-246.
Lotterie, Florence, Le Genre des Lumières. Femme et philosophe au XVIIIe siècle, Paris, Classiques Garnier, 2013.
Martin, Jean-Clément, La Révolte brisée : femmes dans la Révolution française et l’Empire, Paris, Armand Colin, 2008.
Ozouf, Mona, Les Mots des femmes. Essai sur la singularité française, Paris, Gallimard, 1999.
Scott, Joan W., La Citoyenne paradoxale. Les féministes françaises et les droits de l’homme,traduit de l’anglais par M. Bourdé et C. Pratt, Paris, Albin Michel, 1998.
Sonnet Martine, L’Education des filles au temps des Lumières, Paris, CNRS éditions, 2011.
Vanoflen, L. (ed.), Femmes et Philosophie des Lumières. De l’imaginaire à la Vie des Idées, Paris, Classiques Garnier, 2020.
Viennot, Éliane (dir.), Revisiter la « Querelle des femmes » : discours sur l’égalité-inégalité des sexes. De 1750 aux lendemains de la Révolution, Éliane Viennot (dir.), avec la collaboration de Nicole Pellegrin, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2012.

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